Source: ExterneUn rien me fait peur ! J'ai mis des années pour me remettre d'une séance de cinéma un été dans la presqu'île de Crozon. Ma soeur et moi avions eu la fâcheuse idée d'aller voir au cinéma Hannibal Lecter. L'expérience fut traumatisante : la moitié du film à glisser au fond de mon siège les yeux fermés et les mains me bouchant les oreilles, le parcours épique à pied jusqu'au camping dans la nuit noire, très noire, où le moindre bruit me tirait des cris d'orfraie et une nuit blanche dans la tente Quechua à attendre qu'un tueur en série s'attaque à ma petite personne ! Depuis lors, je fuis toute histoire une peu anxiogène, ce qui fait beaucoup rire mes grandes filles qui se regardent à la chaîne des films d'horreur... Très clairement Je sais qui tu es n'était pas un roman pour moi ! Tout est parti d'un malentendu : j'ai beaucoup aimé les deux autres romans d'Yrsa Sigurdardottir qui ont pour héroïne Thora, une jeune avocate, sympathique et drôle.Elle est mêlée à des affaires très sombres mais les touches d'humour et sa romance avec un spécialiste allemand de la sécurité permettent au lecteur de souffler ! J'ai cru que ce polar appartenait à la même veine. Que nenni !

Dans ce roman, apnée totale ! L'atmosphère est glaçante et cela ne tient pas uniquement au climat islandais. Un jeune couple et une de leurs amis décident de quitter la capitale pour retaper une vieille maison à Hesteyri, sur une île très isolée.Le capitaine du bateau qui les amène là-bas les prévient à mi-mots que la bâtisse a mauvaise réputation, qu'un drame ancien s'y est déroulé et qu'il est encore temps de renoncer. Les jeunes trentenaires hésitent mais prennent la décision de rester. Loin du monde, peu préparés à des conditions de vie difficiles, ils s'attaquent au chantier... Mais leur labeur s'interromp souvent car des bruits étranges, des traces de petits pieds mouillés, des coquillages formant des dessins, des odeurs putrides font leur apparition dans la maison.

Parallèlement, l'auteur nous décrit les journées difficiles de Freyr, un psychiatre, qui a quitté lui aussi Helsinki pour la ville d'Isafjörour. Il essaie de se reconstruire après la disparition mystérieuse de son petit garçon, trois ans plus tôt. Très rapidement, des liens subtils, mystérieux se font jour entre les deux histoires.

Ce roman, vraiment effrayant, est remarquablement écrit. C'est sans doute la raison qui m'a poussée à progresser dans ma lecture malgré les nombreux frissons qui me parcouraient l'échine.

Un seul mot pour le résumer : aglagla !