Source: ExterneFrançois Roux fait passer Patrick Bruel pour un petit joueur ! Le 15 novembre, à la librairie Gwalarn, à Lannion, il retrouvait ses condisciples du Lycée le Dantec quarante ans après le bac...De retour sur ses terres, l'écrivain a parlé de son roman devant un public où sa copine d'enfance du Club Mickey, ses camarades d'adolescence côtoyaient des lecteurs plus lambdas, amusés de voir des adultes se remémorer avec bonheur leurs souvenirs communs. 

L'auteur a conquis son auditoire en évoquant le parcours de son livre chez Albin Michel. Il fait partie de ces écrivains chanceux dont le manuscrit, expédié à la maison d'édition par la Poste, a retenu tout de suite l'attention. Son "bébé" est passé ensuite entre de nombreuses mains, a beaucoup maigri : de 64 à 32 chapitres, a vu des virgules et des points être enlevés puis remis mais il le reconnaît, c'était pour la bonne cause !

Ces 32 chapitres (presque 7OO pages, un régal pour moi qui adore les pavés !) sont construits de manière audacieuse. Quatre jeunes hommes, originaires de Lannion ou des alentours, nous sont dépeints du passage de leur bac jusqu'à leur 21 ans dans la première partie du roman. La deuxième partie nous fait faire un bond dans le temps et nous raconte leur quarante-sixième année. Cette ellipse temporelle ne perturbe aucunement la lecture : elle rend d'autant plus saisissante la fracture entre les rêves des tout nouveaux bacheliers et les désillusions des hommes plus âgés.

Benoît, Tanguy, Rodolphe et Paul, quatre amis, quatre vies que l'écrivain nous dépeint avec nuance et détails. Il entremêle leur histoire à l'Histoire et le livre est souvent sur le fil entre la fiction et le documentaire. Chaque lecteur aura sa préférence parmi les personnages, la mienne va à Rodolphe, individu peu amène mais dont le destin rappelle la tragédie antique.

Véritable roman de société,qui démarre avec l'élection de François Mitterand en 1981 et se termine avec celle de François Hollande en 2012, ce livre est pour moi (et je reprends à mon compte une expression d'Emmanuelle, la libraire qui accueillait François Roux (que de François !), une pépite