Source: ExterneJ'ai enchaîné avec un autre roman de Frédérique Martin au titre tout aussi énigmatique. Il s'agit du premier vers d'un poème de Sully Prudhomme, "Le vase brisé". Une strophe introduit chaque grande partie du récit, le lecteur progresse dans la découverte du poème en même temps qu'il avance dans la narration jusqu'au dénouement final qui révèle le lien entre le roman et le poème. C'est une construction intéressante, un des atouts de ce roman épistolaire qui met en scène Zika et Joseph, un couple de septuagénaires, contraints de se séparer temporairement. Zika est malade et est accueillie chez leur fille à Paris pour être près d'un centre hospitalier. Joseph, lui, séjourne chez leur fils à Monfort. Le couple n'est pas de la génération Internet et maintient le lien par une correspondance abondante. Ces "inséparables" doivent composer avec l'absence de l'être aimé, avec des enfants devenus presque des étrangers et des malentendus naissent du fait de l'éloignement. Loin l'un de l'autre, ils se révèlent aussi peu à peu. Il leur faut de nouveau exister en tant qu'individu et non comme un élément du couple. La vieille dame montre alors des traits de caractère susceptibles de rebuter son vieil amoureux et qui explique pour partie les événements dramatiques qui vont survenir.

Frédérique Martin parle de la vieillesse,des relations qui se délitent entre générations, de l'amour fusionnel qui exclut. Elle le fait sans tabou et cet aspect m'a beaucoup plu. Je suis plus réservée sur l'écriture elle-même. J'ai trouvé que le langage utilisé par les deux personnages principaux était suranné, parfois précieux et surtout peu en adéquation avec leur origine modeste.