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Edouardo Mendoza, ce nom m'évoquait des souvenirs plaisants mais sans que je parvienne à réellement les identifier. J'ai mené une rapide recherche et les précédents romans de l'auteur m'ont tout de suite mise sur la voie. Il y a une dizaine d'années, le "Mystère de la crypte ensorcelée" m'avait tellement séduit que j'avais écumé les bibliothèques alentour pour me procurer l'ensemble de l'oeuvre de cet Espagnol, capable de rendre sympathiques les plus grandes crapules.
Dans "La grande embrouille", nous retrouvons son personnage de prédilection, aussi pitoyable que par le passé. Son salon de coiffure ne voit pas l'ombre d'un client dans une Barcelone d'été, écrasée par la canicule. Il vivote et regarde avec envie le grand bazar qui vient d'ouvrir en face de son commerce. Tenue par une famille chinoise, cette "foire" à tout, surtout à l'inutile, connaît une affluence croissante.
Notre homme s'ennuie mais pas pour longtemps, un ancien compagnon d'asile psychiatrique disparaît et voilà notre coiffeur reconverti en détective. Difficile pour lui de mener seul son enquête, il va engager une troupe hétéroclite de "laissez-pour-compte" de la société : artistes de rue, vendeur de pizzas, adolescente fan des glaces Magnum et spécialiste du crochetage de serrure. Cette association de bras cassés va nous mener à un train d'enfer de péripétie en péripétie, toutes plus rocambolesques les unes que les autres, entrecoupées par les savoureux repas servis par la famille chinoise qui convoite le local de notre coiffeur/détective. Peu importe où nous conduisent ces amateurs peu éclairés, le lecteur suit avec délectation leur parcours chaotique.
Edouardo Mendoza égratigne la société espagnole contemporaine de la meilleure manière qui soit, par un humour salvateur et truculent ! 
Mention spéciale pour l'apparition d'une Angela Merkel plus vraie que nature !