Source: Externe

 

Réservée, effacée, transparente, tous ces qualificatifs pourraient servir à définir Frances Thorpe au sein de la rédaction du Questioner, le journal où elle travaille comme correctrice. Le lecteur, lui, sait qu'elle ne correspond pas à cette image ou du moins ne veut plus lui correspondre. Frances veut quitter son modeste milieu d'origine, son modeste appartement, son modeste train de vie et être dans la lumière.
   L'occasion va lui en être donné de manière fortuite. Sur le chemin qui la ramène à Londres après un week-end soporifique chez ses parents, elle aperçoit une voiture accidentée, s'arrête et s'approche du véhicule. Elle va sans le savoir accompagner les derniers instants de la conductrice blessée. Plus tard, notre anonyme correctrice apprend que la femme décédée est l'épouse d'un écrivain célèbre Laurence Kyte.


   La famille endeuillée demande à lui parler et Frances accepte d'évoquer les derniers instants d'Alys Kyte devant les siens.
Notre effacée est dans la place : elle tombe amoureuse de la maison, du quartier, du luxe ambiant, du style de vie de ces parfaits inconnus et avec une grande subtilité, elle va observer, écouter, manoeuvrer pour se glisser dans les pas, voire dans la peau de la défunte Alys. Racontée ainsi, l'histoire apparaît comme assez cynique mais le lecteur ne peut s'empêcher d'éprouver souvent de la sympathie pour Frances, Rastignac au féminin qui utilise les faiblesses des autres pour conquérir sa part de bonheur. Ce roman, très bien écrit, ambigu à souhait est une grande réussite.

Roman lu en janvier 2013... Mon impression très bientôt sur son nouveau titre "Elle" !