Source: Externe

   Quand mon amie Céline m'a prêté ce polar, il a intégré ma PAL sans que je lui accorde beaucoup d'attention. Des velléités de "faire les poussières" m'ont amenée à le retrouver et à jeter un coup d'oeil sur la quatrième de couverture. Pour ceux qui douteraient du bien fondé de chasser la poussière alors qu'elle se redépose illico presto, je répondrai : au moins, cela permet de remettre la main sur un bon roman !

   L'inspecteur Grant Foster ne ménage ni son temps ni sa peine pour résoudre les affaires criminelles qui ne manquent pas dans le Londres de notre époque. Cela lui permet de" tenir à distance " la mort de son père quelques années auparavant. Il a aidé celui-ci à sa demande à mettre fin à ses jours et il continue à s'interroger sur la pertinence de son geste, même si la justice ne l'a pas condamné. Il se trouve confronté à un meurtre particulièrement sordide : un homme poignardé et amputé des deux mains, retrouvé dans un cimetière. L'autopsie révèle une inscription sur la poitrine de la victime : 1A137. Sur le portable du malheureux, le dernier numéro affiché est 1879. Forster et son équipe planchent sur ces mystérieux indices et Heather, une de ses jeunes collaboratrices suggère l'idée que l'inscription pourrait correspondre au formulaire que l'on complète pour avoir accès à un acte de naissance, de mariage ou de décès.

   Dan Waddell fait alors entrer en scène, et c'est la grande originalité du roman, Nigel Barnes, généalogiste professionnel, qui va collaborer avec la police pour comprendre les liens entre le présent et le passé. Commence alors une course contre le temps... D'autres meurtres sont commis et la même inscription est toujours présente sur les corps. Nigel entreprend des recherches qui l'amène à découvrir une affaire et un procès qui ont fait date durant l'année 1879. Restent à établir les connections entre les protagonistes de l'époque victorienne et les victimes contemporaines.

   Nous pénétrons, grâce à ce roman, dans l'univers très particulier des recherches généalogiques. Cette activité, surtout réservée aux têtes chenues, peut se révéler passionnante et c'est d'ailleurs sous ce jour que l'auteur a décidé de nous la montrer. Qui plus est, notre "rat de bibliothèque" est un jeune homme intéressant qui compulse registres et journaux à la vitesse de l'éclair, tombe sur des impasses mais a toujours l'intuition permettant de dénicher le chemin de traverse pour accéder aux informations les plus pertinentes pour l'enquête.

Un très bon polar !

Petit extrait

"Une fois dans la salle de lecture, Nigel fut assailli par l'odeur familière, riche, presque écoeurante, du papier fatigué et vieillissant. S'immerger dans les recueils des journaux lui donnait l'impression d'emprunter un passage vers le passé. Dans ce lieu, il pouvait mettre de la chair sur les histoires des personnes qu'il recherchait, sur l'époque et les événements qui les avaient modelés. Enquêtes, comptes rendus d'audiences, nécrologies, reportages : de l'or en barre pour un généalogiste."