Source: Externe

   J'ai trouvé l'expression chez Keisha et en bonne brebis, je m'empresse de la réutiliser. Le livre d'Erica Bauermeister est vraiment "feelgood" ! D'aucuns pourraient juger que les bons sentiments y sont légion et que le happy end est de rigueur, ils n'auraient pas tort... Mais parfois ce genre de lecture est réconfortant.

   Le goût des souvenirs est la suite de L'école des saveurs où Lilian, une jeune femme donnait des cours de cuisine à un public varié. J'avais pris beaucoup de plaisir à découvrir les personnalités des élèves qui apprenaient bien plus que des recettes auprès de la "chef".

 

 Chacun des protagonistes est à un tournant de son existence, confronté à des choix ou à la maladie et il doit faire face.Lilian découvre au début de l'histoire qu'elle est enceinte et ne sait pas si elle doit s'en réjouir. Tom, son compagnon, veuf et encore "emprisonné" dans son deuil, acceptera-t-il cet enfant ? Et elle, a-t-elle du temps et le souhait de se consacrer à une vie de famille?

Chloé, son second en cuisine, encore meurtrie par une séparation douloureuse ,saura-t-elle donner sa chance à Finnegan, le nouveau plongeur, un "géant" de plus de deux mètres qui possède de mystérieux cahiers bleus, dépositaires de précieux secrets ?

Isabelle, mon personnage préféré, accueille chez elle Chloé pour un "coloc" improbable : elle a 73 ans, Chloé 20. La présence de la jeune fille lui permet surtout de rester chez elle alors qu'Alzheimer grignote petit à petit sa mémoire. La vieille dame est parfaitement consciente de son état, des mots qui lui jouent des tours pendables, par exemple " le lait-vanille" qu'elle demande au salon de thé se transforme en "lacté au vernis" . Elle "convoque" régulièrement ses souvenirs les plus heureux, ceux de ses enfants quand ils étaient petits, elle y trouve refuge mais elle n'ignore pas que cet abri est fragile et que bientôt elle ne sera plus maîtresse de son corps ni de ses pensées. Elle devra s'incliner devant la maladie, ses enfants aussi.

Al, la petite cinquantaine, le comptable de Lilian vit depuis trente ans avec Louise mais leur mariage ne les satisfait ni l'un ni l'autre. Depuis longtemps, une colère sourde, qui affleure parfois, monte en eux. Quand va-t-elle éclater et quelles en seront les conséquences ?

   Nous suivons la vie de ce petit groupe, dont le point de convergence reste le restaurant de Lilian. Erica Bauermeister parle avec beaucoup de gourmandise de nourritures, de plats, de partage autour de ceux-ci. Elle évoque les plaisirs simples de la table, leur prêtant le don de soulager, voire même de guérir les plus grands chagrins...

Un roman "feelgood" donc mais absolument pas guimauve !