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   Chaudement recommandé par Keisha, le roman de Stella Gibbons tient toutes ses promesses ! Paru en 1938, il décrit avec malice deux maisonnées situées à Chesterbourne dans l'Essex, les mornes "Wither "et les glamourous "Spring". D'un  côté, les Aigles, grande bâtisse sans charme où l'ennui règne en maître; de l'autre, Grassmere, demeure luxueuse où flotte toujours dans l'air comme un parfum de fête. Ces deux maisons voisines ont tout de même un point commun : elles abritent de riches familles bien conscientes de leur rang et soucieuses du quand-dira-t-on. 

   Arrive, comme un chien dans un jeu de quille, Viola, jeune femme de 21 ans,veuve du fils Wither. Bien évidemment, cette ancienne vendeuse dans un magasin de confection, jolie comme un coeur, fait tache. En plus,cette "gourgandine" s'amourache de Victor Spring, promis à une belle carrière et à un beau mariage. Non mais quel toupet !

   Il y a du Jane Austen chez Stella Gibbons. Elle égratigne avec beaucoup d'ironie ses contemporains et "dynamite" discrètement les codes du roman sentimental : Viola et Victor, les héros romantiques sont de véritables gravures de mode mais ne brillent pas par leur intelligence ! Tina, 35 ans, la cadette des Winter s'éprend de Saxon, 23 ans, leur chauffeur  mais leur histoire va se jouer des clichés. Quant à Madge, sa soeur aînée, sa plus belle histoire d'amour (sa seule d'ailleurs) , c'est avec son chien Polo, qu'elle va la connaître...

Ce roman est "the cherry on top " de ce début juin. Le style, précis et incisif, sert une intrigue faussement simple. Ce livre a un charme indéniable, un côté terriblement british qui conrrespond tout à fait au mois anglais.

petit extrait

" Quelle scène d'une libido débridée se déroula dans la cour des Aigles vers onze heures ce matin-là ! En sortant d'un pas nonchalant pour avoir sa petite conversation avec Saxon, Tina tomba sur Madge qui revenait de chez le colonel Phillips suivie d'une créature pataude et haletante, à la langue rose comme un bonbon : le chiot Sealyham. Le visage de Madge rayonnait de joie et d'excitation, mais elle s'efforçait d'avoir l'air sévère car le chien devait comprendre dès sa première heure avec elle que sa propriétaire savait ce qu'elle voulait, et en l'occurence elle voulait qu'il la suive à travers la cour."

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