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à l'initiative de Gilwenn

 

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 Acheté pour sa couverture, ce livre s'est révélé très plaisant, un bon roman feelgood ! Un brin inattentive au tout début, j'enregistre machinalement que l'histoire va se dérouler à Birmingham. Tout de suite, mon cerveau se met en mode "Angleterre" mais quelques détails me permettent rapidement de corriger mon erreur. Nous sommes à Birmingham, en Alabama, avec des Américains pur jus  mais dont les ancêtres sont venus d'Angleterre, d'Ecosse ou d'Irlande au XIX siècle. Ceci explique le nom donné à la ville et le fait que le personnage principal, Maggie Fortenberry, ancienne Miss Alabama, habite Highland Avenue, et rêve depuis sa plus tendre enfance de visiter Crestview, une splendide demeure, copie conforme d'une autre à Edimbourg.

   A 60 ans, notre miss, devenue presque par hasard, agent immobilier, a décidé d'en finir. Elle ne trouve plus de sens à son existence et organise avec méthode son suicide. Elle ne laisse rien au hasard, règle ses affaires, range son appartement, lègue son argent et ses vêtements... Un coup de fil vient contrarier ses plans, Brenda, collègue et amie, souhaite qu'elle l'accompagne à un spectacle de derviches tourneurs dans une semaine. Elle se laisse convaincre et remet à plus tard son triste projet. Bien évidemment, durant ses huit jours, de multiples péripéties vont lui prouver que la vie vaut la peine d'être vécue. Le schéma est connu mais Fannie Flagg mène bien sa barque. Red Mountain Realty, l'agence immobilière qui emploie Maggie,connaît une crise au début du roman et ses rangs sont très clairsemés mais celles qui sont restées ont des personnalités bien affirmées. Hazel Whisenknoot, la patronne, petite dame d'un 1,2 mètre au charisme extraordinaire et à l'optimisme chevillé au corps, est décédée trois ans auparavant. Demeurent fidèles au poste, Ethel, une secrétaire dont l'âge canonique, n'a rien enlevé au franc-parler et  Brenda Peoples, qui voit dans l'élection d'Obama, le signe qu'il est temps pour elle de se présenter aux municipales. Son addiction au shopping et aux sucreries sont mises en scène avec beaucoup de drôlerie par l'auteur.

   Ce trio va devoir affronter l'épouvantable Babs Bingington, surnommée "La Bête". Celle-ci est à la tête d'une agence concurrente et est prête à tout pour "couler" Red Mountain Realty. Elle est "croquignolette", une méchante, une vraie de vraie, 100% teigne. Elle se rapproche beaucoup de Cruella d'Enfer ! Rien de tel qu'avoir le même os à ronger pour se battre et ici, l'os sera Crestview,dont les deux agences s'arrachent la vente. A cette occasion, le lecteur découvre le passé de cette maison. Sa construction a démarré en 1885 et s'est achevée en 1887. Deux ans pour bâtir une demeure exceptionnelle ! Elle est le rêve devenu réalité d'Angus Crocker, un écossais, capitaine d'industrie audacieux, qui n'oublie cependant rien de son passé puisqu'il fait graver sur l'arcade de pierre de l'entrée : "Adieu Manses, Adieu Mines". Maggy, que cette inscription intrigue, finira par en découvrir le sens.  Angus Crocker rend hommage ainsi à ses ancêtres, que "les manses", un système de servage, contraignaient à un travail harassant dans les mines. Ils portaient au cou un collier avec le nom de leur maître, symbole de leur appartenance à ce dernier. Cette pratique ne fut abolie définitivement qu'en 1799.

    Ce roman, qui a parfois des allures de contes de fées ou de dessins animés de Walt Disney, fait passer une bonne soirée et m'a permis de découvrir un pan peu connu de l'histoire de l'Ecosse.