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   Noël approche à pas de velours et mes neurones fonctionnent moins que mes papilles... Le roman de Sarah Lark est arrivé à point nommé pour cette période peu propice aux lectures "pointues". Cryssilda voulait du "Oulala" (de la romance à l'eau de rose, de la guimauve, du jeune homme en kilt) pour le 13 et du roman historique pour le 23 décembre. Le pays du nuage blanc est le combo parfait, un bel exemple de "Oulala historique" que je fais paraître le 19, à mi-chemin entre les dates données.

   Pour parler vrai, ce pavé de 755 pages m'a rappelé les Barbara Cartland de mon enfance, ceux que je dévorais l'été dans les minuscules bibliothèques des campings. Faute de grives, on mange des merles. Comme je ne pouvais pas me passer de ma ration quotidienne de fiction, j'écumais les étagères généralement situées derrière le comptoir d'accueil de notre lieu de vacances et c'est ainsi que j'ai découvert la "reine" de la romance. A moi, les beautés pauvres mais méritantes, les hommes riches et virils à la recherche de l'amour VRAI, à moi le "cucul la praline" et le rose bonbon.

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                                                                          Barbara Cartland, herself !

   L'auteur de cette saga est une digne héritière de Barbara Cartland. Nous faisons la connaissance en 1852 de Hélène Davenport, jeune préceptrice londonienne, qui craint de devenir vieille fille. Elle tombe sur une annonce dans le bulletin paroissial, susceptible de la tirer de cet embarras. L'Eglise anglicane de Christchurch (en Nouvelle-Zélande) cherche " jeunes femmes honorables pour contracter mariages avec messieurs de notre paroisse, hommes aisés bénéficiant tous d'une réputation irréprochable". Elle se laisse tenter par l'aventure, confortée par la magnifique lettre expédiée par son "futur" Howard O'Keefe. Au même moment, au pays de Galles, Lord Terence Silkham, éleveur de moutons, perd aux cartes face au redoutable Gerald Warden, un riche propriétaire terrien venu de Nouvelle-Zélande pour acheter des bêtes de race. Heureusement, il réussit à s'acquitter de cette dette d'honneur en acceptant que son indomptable cadette, Gwyneira, 17 ans et un caractère bien trempé épouse le fils de Warden. Plutôt que de pleurnicher sur son sort, elle se dit que cette terre inconnue peut lui réserver de bonnes surprises et qu'elle échappera ainsi à un mariage terriblement conventionnel.

   Nos deux héroïnes embarquent donc à bord du "Dublin" et vogue la galère. Hélène sert de chaperon à six fillettes orphelines qui seront placées comme bonnes à Christchurch tandis que Gwyneira ,elle, s'occupe de sa chienne Cléo et de sa jument Igraine qui font partie aussi du voyage. Les deux jeunes filles sympathisent et débarquent ensemble trois mois plus tard sur le sol de la Nouvelle-Zélande. Horreur, malheur, drame et tutti quanti : Howard O'Keefe n'est pas un gentleman-farmer mais une brute mal dégrossie qui vit dans une cabane en rondins et Lucas Warden est un splendide spécimen masculin davantage attiré par les appâts des jeunes bergers que  par ceux de la flamboyante Galloise. Fort heureusement, celle-ci trouvera l'amour dans les bras du contremaître James McEnzie...

PAUSE OULALA : James, ah James, un pur produit des Highlands, je vous offre deux petits extraits :

Gwyn et James dansent ensemble le jour de l'An :

"James faisait tourbillonner Gwyneira jusqu'à ce que la tête lui tourne. Chaque fois qu'au sortir d'une rotation rapide elle tombait dans ses bras, elle voyait un éclat dans ses yeux, de l'admiration et... oui, quoi donc ? Du désir ?" 

Ils assistent au feu d'artifice :

" Le feu d'artifice de Lucas ne manquait pas d'effets spectaculaires. Mais Gwyneira ne voyait que les étoiles dans les yeux de James."

 

   Reprenons le fil de notre billet. Les deux femmes vont connaître des existences difficiles et surtout apprendre à connaître le pays et sa population, les Maoris. Sarah Lark nous montre bien la cohabitation parfois compliquée entre les colons et les autochtones. Sa vision du peuple maori me semble cependant tenir parfois de l'image d'Epinal plutôt que de la réalité .L'aspect historique est présent mais jamais pesant, le souci de l'auteur étant à mon avis de privilégier la romance. Nous suivons l'histoire d'Hélène et de Gwyneira sur plusieurs dizaines d'années et il est plaisant de les voir évoluer, entourées d'une myriade de personnages secondaires bien campés. 

   Au final, une lecture agréable qui sera vite oubliée mais je ne regrette pas ce "Oulala historique" qui m'a occupée quelques soirées.