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   Je chronique très rarement des bandes dessinées, j'en lis peu et je n'ai pas les "outils" pour parler coups de crayons, couleurs, atmosphère... La BD, pour moi, c'est Terra Incognita. Ce n'est pas le cas de Mister H qui est passionné par le domaine et me conseille de temps à autre un album susceptible de me plaire.

   Mister H. n'est jamais très disert sur son travail, si ce n'est pour ronchonner. Depuis quelques mois, il me parle (et c'est un événement rare) d'un nouveau collègue Mister B. Il faut dire que les deux hommes appartiennent à la CDFDBD (confrérie des fous de bandes dessinées) dont la charte est très particulière.

Charte de la CDFDBD

1. Quand tu ouvres une BD que tu viens d'acheter, elle doit craquer, signe que tu es son premier lecteur.
2. Les coins de la BD doivent piquer, signe qu'elle n'a pas souffert lors des transports.
3. Père, mère, femme, enfants, tu seras prêt à sacrifier pour un exemplaire dédicacé.
4. Une pièce de ta maison deviendra le temple de tes trésors.
5. Tu ne prêteras tes BD qu'après avoir vérifié que le récipiendaire connaît et adhère à la dite charte. S'il l'a signée avec son sang, c'est encore mieux.

Je me moque un peu, c'est vrai, mais grâce aux fréquents échanges entre H. et B., j'ai découvert des pépites comme cet album de Cyril Pedrosa !

   Aujourd'hui, je ne vais pas vous parler de Portugal mais du cadeau que j'ai trouvé au pied du sapin, le fabuleux

                                                             Les équinoxes

 

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   Les puristes jugeront peut-être que ce bel "objet" n'appartient pas stricto sensu à la catégorie BD, ni même à celle du roman graphique. Cyril Pedrosa nous raconte au fil des quatre saisons l'histoire de personnages qui ont en commun d'être à un moment de leur existence où ils se remettent en question. Adolescente, quarantenaire, vieil homme, leur désarroi momentané n'est pas le même mais la fragilité psychologique est leur dénominateur commun. Chaque planche semble trouver sa place dans une trame narrative ambitieuse et très subtile. Nous sommes invités à une lecture "active", extrêmement plaisante pour les petites cellules grises. Je ne saurais expliquer ce qui me touche autant dans la création de Cyril Pedrosa, peut-être le regard empreint de "saudade" qu'il pose sur le monde. Dans cet "OLNI", le dessinateur fait place parfois à un véritable romancier et les mots couvrent des pages entières. Ces mots, il me semble parfois que j'aurais pu les écrire. Ils me touchent jusqu'à l'âme.