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   L'exposition consacrée à Mattotti, conseillée par Mister B. à Mister H., m'a permis de découvrir un artiste protéiforme : illustrateur, dessinateur, peintre. Il évolue dans des domaines différents mais sa "patte" est immédiatement reconnaissable, des rondeurs, des couleurs, des thèmes de prédilection. Nous avons découvert à cette occasion le "Fonds pour la culture Hélène&Edouard Leclerc", un bel endroit qui se situe à Landerneau. Le lieu accueille 18 "chapitres" qui tentent de résumer le parcours de Mattotti. La mise en scène de ces "chapitres" est intelligente, d'une fausse simplicité. Le seul bémol, une ambiance sonore dédiée à chaque "étape" qui, à mon sens, fait doublon avec les panneaux explicatifs, voire porte un peu sur les nerfs.

   Le visiteur est accueilli dès l'entrée dans une rotonde où sont exposées les planches originales de cette bande dessinée. Nous sommes immédiatement embarqués à Séville en 1526 où le bateau de Gavotto, Calbot ou Caboto (le nom varie selon les sources) attend de partir vers l'Inconnu, vers ces terres que l'on imagine sauvages et emplies de richesses. La première planche nous plonge dans des orange somptueux, des bâtiments et des bateaux qui évoquent parfois le trait de Braque. La forme de la rotonde permet de comprendre que certaines planches se répondent, forment un ensemble que ne laisse pas deviner aussi aidément le format BD classique.

   L'histoire que choisit de nous raconter Zentner est celle de cet homme, commerçant, astronome, cartographe, passionné par ces espaces encore mystérieux qui faisaient rêver de nombreux Européens de l'époque. Caboto, "Piloto Mayor" du royaume de Castille pendant trente ans, celui à qui est attribué le dessin de la première mappemonde, se lance le 3 avril 1526  dans une nouvelle expédition. A l'origine, l'objectif est de trouver un passage vers le territoires des épices mais en route, Caboto décide qu'à leur arrivée au Brésil, ils suivront le cours du Rio de La Plata. 

   Sur les planches originales, le texte était en espagnol et Mister H. et moi ne le pratiquant pas, nous nous étions laissés happer par les dessins de Mattotti, par l'exubérance de ses couleurs qui traduisent tantôt la beauté des endroits explorés, tantôt la violence dont les hommes font montre si souvent. Nous avions vu défiler sous nos yeux une "histoire" de colonisation, de recherche du gain, de mépris de l'autre, jugé inférieur. La lecture de la bande dessinée, en français, nous a un peu déçus. Il est difficile d'oublier la splendeur des planches originales et le texte, qui revient en permanence sur "la vérité incertaine" de ce récit, sur les aléas de la mémoire, nous a paru très répétitif.

 

 

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