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   "Mais où va le monde ?", c'est souvent l'antienne des personnes âgées, nostalgiques d'un temps toujours plus beau, plus bio, plus moral, plus marrant que le nôtre. John Niven crée, pour le plus grand plaisir du lecteur, des "vieux" qui ne rentrent pas dans le moule et du coup, ne sont pas tartes !

   Tout démarre quand Susan Frobisher, femme au foyer dans le Dorset, presque soixante ans, épouse fidèle de Barry, aussi ennuyeux que sécurisant, apprend la mort de celui-ci. Non, cet expert-comptable ne s'est pas écroulé devant son ordinateur, victime d'un arrêt cardiaque ! Il n'a pas davantage été frappé en plein front par la balle de golf d'un partenaire maladroit... La police tente d'expliquer à Susan que Barry est décédé dans une petite garçonnière sordide, après une expérience sexuelle que nous allons qualifier de hasardeuse.


   Notre veuve ne va pas rester éplorée très longtemps : son "barbon" menait une double vie qui les a menés à la ruine. Elle va tout perdre et se retrouver dans la chambre d'ami chez son fils, pour le plus grand déplaisir de sa belle-fille. C'est dans l'adversité que naissent les idées les plus folles : elle, Julie Wickham( son amie d'enfance), Jill( une grand-mère BCBG qui a besoin d'argent pour financer l'opération de son petit-fils, gravement malade) se lancent dans le braquage de la banque de leur petite ville. Les trois apprenties délinquantes reçoivent l'assistance du Clouté, un ancien gangster et d'Ethel, une ancienne "girl" au passé louche, tous les deux flirtant allègrement avec les quatre-vingt-dix ans. A ce stade, peut-on encore parler de bras cassés ? Ce serait leur faire trop d'honneur. Et bien, cette fine équipe va se jouer de tous les pronostics et nous entraîner dans leur folle aventure. Après leur casse (réussi !), une incroyable cavale les amène jusqu'en France, poursuivis par l'inspecteur-chef Boscombe, une caricature de beauf sur pattes et son adjoint, Wesley, que le comportement de son supérieur afflige.

   Malheur à qui se met sur leur route, le sort qu'elles vont réserver à un mafieux russe, qui doit leur fournir de faux passeports pour partir au Brésil, montrent l'étendue de leur imagination et surtout leur volonté d'en découdre...

   L'auteur ne fait pas toujours dans la dentelle ni dans le point de croix. L'humour est parfois trash, volontiers scatologique et certains passages m'ont paru trop grossiers. Mais l'impression d'ensemble est positive !

   Quand le troisième âge s'encanaille, cela donne un récit plein de vie et d'espoir. Fauteuils roulants, déambulateurs ne sont plus les "stigmates" de la vieillesse mais des bolides et des armes de combat !

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