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  "La montagne, ça vous gagne"... ou pas ! Pour les fidèles de la série, du chevalier de Volnay et de son père, le moine hérétique, vous ne serez pas étonnés de les retrouver dans une vallée savoyarde. Ils regagnent Paris, après leurs aventures vénitiennes, et sont contraints de s'arrêter dans "l'épicentre du cul du monde" car Volnay a contracté le mal des neiges, qui l'oblige momentanément à porter un bandeau sur les yeux. (Ne râlez pas trop vite, les filles ! Il guérit avant la fin de l'histoire et dévoile à nouveau " ses yeux d'un bleu fascinant, par moments proche du gris").

   La vallée, plongée dans une fin mars glacée, est dominée par une abbaye où vivent des moines, retirés des affaires du monde et seulement préoccupés de prier pour le salut des pécheurs. Au village, règne le bourgmestre Magelon, père de deux ravissantes filles, la brune Lucrèce et la blonde Isabeau. La halte de nos deux voyageurs ne sera pas de tout repos car le Mal semble avoir pris possession de l'endroit.

   L'abbaye connaît des nuits agitées, comme si elle était hantée par le Malin. Lucrèce semble possédée, son corps, ses mots n'appartiennent plus à la tendre jeune fille en fleur qu'elle était mais plutôt à la grande prostituée de Babylone. La bourgade voit son taux de mortalité augmenter de façon exponentielle : contremaître, fermier, forgeron périssent de mort violente en l'espace de quelques jours. Ajoutez une forêt mystérieuse, une Dame blanche et son loup... Le lieu ressemble n'est pas sans rappeler le "Sleepy Hollow" de Tim Burton.

   Dans ce roman, le personnage principal est sans conteste le moine. De Volnay est placé un peu sur la touche en raison de sa cécité et son père, à peine remis de son humeur noire, doit se frotter au diable. Depuis longtemps, il ne croit plus à l'existence de celui-ci mais sait que chacun, lui le premier, engendre ses propres démons. Il va s'appliquer à faire apparaître la vérité, subtilement parée des voiles de la superstition et de la religion. Sa tâche ne va pas être facilitée par l'arrivée de Violetta, délicieuse autant que rouée, qui a pour mission de ramener le père et le fils à Venise.

   Ce quatrième tome des aventures du commissaire aux morts étranges est un huis-clos savoyard qui se lit avec beaucoup de plaisir. Pour le prochain, mon coeur de lectrice aimerait que  le duo ne se laisse pas prendre dans les rêts de la Sérénissime mais retrouve le pavé parisien et les turpitudes du règne de Louis XV...

                                                                                     Affaire à suivre...