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   Qui ne connaît pas le célèbre "Madame Bovary", c'est moi." de Gustave Flaubert ? Euh, probablement beaucoup de monde, surtout dans la tranche d'âge qui a pris Anatole France pour une femme. En même temps, l'écrivain n'est pas un perdreau de l'année et France Gall redevient à la mode avec la comédie musicale "Résiste". De quoi induire en erreur les malheureux candidats au bac de Français qui devaient plancher sur un de ses textes. 

  Ne nous égarons pas ! L'objet de cette chronique n'est pas de disserter sur les épreuves du bac mais de parler du roman de Stéphanie Pélerin. Exercice délicat car elle ne m'est pas complètement inconnue et ce paramètre risque d'altérer quelque peu ma légendaire impartialité. Ivana, son héroïne, a, il me semble, de nombreux traits communs avec Stéphanie, d'où la citation de Flaubert.

 Le personnage principal, prof de lettres dans un lycée parisien, délaisse au mois de juin ses paquets de copies, ses cours pour pleurnicher sur son sort. Je flingue le premier qui dit qu'elle a le temps de chouiner car elle est fonctionnaire. La pauvrette vient d'être larguée par Baptiste, son compagnon depuis huit ans. "Grand seigneur", il la laisse rester dans leur appartement acheté en commun le temps de trouver un acquéreur. Je vous le dis, l'héroïne se prépare des vacances d'été aux petits oignons. Avec Stéphanie Pélerin, les chemins de la résilience sont relativement tortueux. Ils passent par la "consommation" non pas de Spritz mais d'hommes, de rencontres d'un soir trouvées sur le site "Be my boy". Deux haltes sont à noter au bord du chemin  : la salle de sport et le local où se réunit le groupe Weight Watcher auquel la jeune femme a adhéré.Ivana entreprend de se créer un "nouveau corps pour une nouvelle vie". Ces deux endroits offrent des tortures différentes, décrites avec une drôlerie qui sent le vécu.

   Après s'être bien égarée en route, avoir musardé, lutiné, pleuré, bu de nombreux mojitos, elle quitte pour quelques jours Paris et prend la direction de Nice, sa ville natale. Retour aux fondamentaux : le terroir et la meilleure copine. Bien évidemment, à son retour, elle retrouvera l'amour ( comme dans tout bon roman de chick lit qui se respecte). Et tout se termine autour d'un verre de Spritz ... et bien même pas, Ivana préfère le Loupiac !

   Le roman de Stéphanie Pélerin est plus "pimenté" que ne le veut d'ordinaire le genre. L'héroïne n'a pas la délicatesse et l'évanescence des personnages de Jane Austen. C'est une digne représentante des femmes libres et affranchies de notre époque. Bien sûr, elle doute d'elle, de son physique, de son intelligence, de sa capacité à plaire et à aimer encore. Il n'empêche qu'elle avance et se reconstruit. Sa romance est à l'image de la chanson d'Alain Souchon "On avance". (Ne me remerciez pas pour la scie musicale, c'est cadeau ! https://www.youtube.com/watch?v=HGdPpEV1b04 )

Amour, humour et Spritz, le cocktail de l'été