Source: Externe

 

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    Je ne suis pas rentrée facilement dans ce roman. Les conversations entre les différentes parties du corps d'A. m'ont fait sourire mais j'ai craint d'être très vite lassée par le procédé. La part belle est faite aux jambes Marguerite et Mirabelle mais les répliques d'anthologie appartiennent sans conteste à Babette, le postérieur. Le début du roman nous montre les difficultés de Camille, le cerveau d'A. pour coordonner les membres de celle-ci. Le ton est assez léger avant que Marguerite, la jambe gauche ne soit gravement brûlée.

   Ellipse temporelle, nous retrouvons A., trentenaire qui jongle entre un métier prenant, deux jeunes enfants et un mari qu'elle ne voit plus vraiment. Elle mène sa vie à un train d'enfer jusqu'au moment où son corps la lâche. Et là, d'entendre les voix des jambes qui flageolent, des mains qui tremblent, du cerveau qui ne maîtrise plus rien prend un tout autre sens. On sent, bien plus que dans le roman "Brillante", le pouvoir destructeur du travail quand il devient envahissant. Agathe ne comprend pas pourquoi son corps ne lui obéit plus. Elle est d'abord dans le déni avant d'entamer une réflexion sur son mode de vie.

   Autant j'ai eu le coeur serré, j'ai ressenti de l'empathie pour le personnage au bord du gouffre, autant j'ai complètement décroché quand elle reprend, en quelque sorte, le contrôle de ses membres et de son existence. J'ai trouvé ses errances dans la ville, ses plongées dans la lecture du roman "Le Maître et Marguerite" de Boulgakov, assez peu "naturelles". Les réflexions sur le rôle et la place de la femme dans la société deviennent récurrentes, on est plus proche de l'écriture d'un essai que d'un roman.

   Au final, Jupe et pantalon a été pour moi une lecture figue et raison. J'ai aimé certains passages mais je n'ai pas adhéré à l'ensemble.