Source: Externe

   Au moment de commencer la rédaction de cet article, je me suis interrogée sur ma propension fâcheuse à "craquer" pour les quatrièmes de couverture avec le mot "chien". Dans le cas de ce roman, le chien est un carlin vieillissant qui répond au nom de Carmen. Aurais-je entamé la lecture des Perles noires de Jackie O. sans Carmen ? Probablement que non... Mais un autre élément aurait pu m'inciter à le faire, la mention d'un univers voisin d'Arto Paasilinna ( Arto ! I love you forever... Euh  en tout bien, tout honneur ! ) Récapitulons chien+ Arto = réflexe pavlovien = je dévore le bouquin. Et je me retrouve, fort marrie, quand le roman n'est pas à la hauteur de mes attentes.

   Gaby, une soixantenaire colombienne, vit à New-York. Vit ou plutôt survit. Son lot quotidien : enchaîner les ménages chez de riches particuliers et regagner ensuite son triste logis. La fortune semble pourtant lui sourire le jour où elle trouve dans la corbeille à papiers d'un de ses employeurs le brouillon d'une courte lettre. Sur ce brouillon se trouve le sésame pour une nouvelle vie : le code du coffre-fort. A l'intérieur, de l'argent, des lingots d'or et les perles noires de Jackie O semblent lui dire : "dérobez-nous" !

   Une vie entière d'honnêteté ne lui ayant procuré que misère et insécurité, Gaby plonge dans le crime avec quelques scrupules ( pour le coup vraiment minuscules) et surtout un sens de l'organisation impeccable. Son neveu, Frank, beau comme un Dieu, doit séduire son employeur, Irving Zuckerman, vieil inverti excentrique. L'objectif est que celui-ci l'invite chez lui, lui propose un White Russian, cocktail à base de lait, avant de passer aux "choses sérieuses" . Son neveu se gardera de le boire. Gaby aura au préalable versé du somnifère dans le lait. Une fois le papy endormi, Frank ouvrira le coffre et dérobera le magot.

   L'affaire étant de taille, Gaby recontacte Nando, un ancien caïd, reconverti dans la "filouterie" bas de gamme dans sa maison de retraite. De son côté, Frank recrute Biscotte, un collègue, un colosse noir qui plane à longueur de temps. Vous l'avez compris, Stéphane Carlier joue la carte de l'équipe de bras cassés. Rien à redire, d'ordinaire, j'ai beaucoup de tendresse pour les pieds nickelés.

   Bien évidemment, tout part rapidement en vrille ... Sur le papier, le pitch est attrayant mais le résultat est décevant . Des descriptions beaucoup trop nombreuses, des blagues faciles, voire vulgaires, ont eu raison de mon intérêt. J'ai apprécié certains passages, les moins vendeurs probablement. D'autres m'ont déplu tant le cynisme de certains personnages est glaçant et leurs propos à la limite de l'acceptable. A mon avis,  Les remarques de Franck sur les homosexuels frôlent souvent le carton rouge.

   Un seul personnage tire son épingle du jeu et tient toutes ses promesse, Carmen le carlin. S'il existait un "Adopte.com" des animaux de fiction, je me battrais pour obtenir sa garde.

Lu en numérique via Netgalley