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   Cesare Annunziata , Napolitain de 77 ans, a érigé la muflerie et la désinvolture au rang d'art. Veuf depuis quelques années, il lui arrive de parler à sa défunte Caterina, très souvent cocufiée de son vivant, pour lui parler de ses soucis. Le vieil homme est harcelé par leurs deux enfants, Sveva, brillante avocate, et Dante, galeriste de renom. Ils s'acharnent à lui rendre visite, à lui faire suivre son traitement post infarctus, à lui prodiguer de l'affection alors même qu'il met tout en oeuvre pour se rendre désagréable.C'est vrai quoi ! Ce n'est déjà pas plaisant de vieillir alors s'il faut en plus se préoccuper des autres, s'intéresser à la vie sentimentale de sa fille, accepter l'homosexualité de son fils, supporter une voisine de palier qui recueille des chats errants et voler au secours d'une jeune femme battue par son compagnon, notre "héros" n'est pas d'accord.

   Le vieil homme acariâtre souffre d'un mal assez commun, la peur de souffrir. Il a choisi inconsciemment de ne pas réellement s'attacher à qui ou à quoi que ce soit de peur de souffrir de sa perte. Ce n'est qu'à la fin de sa vie qu'il en vient à sa demander s'il ne s'est pas magistralement trompé. A trop se préserver, n'est-il pas passé à côté de son existence ? Lorenzo Marone va offrir à son personnage l'opportunité de changer, de se transformer en chevalier blanc, certes un peu décati mais "aux âmes bien nées, la valeur attend parfois le nombre des années"...

   La tentation d'être heureux est un roman qui aborde de nombreux thèmes de société. La solitude du grand âge, les violences faites aux femmes, les différences de classe sociale, l'auteur les décrit par petites touches réalistes qui font souvent mouche. J'ai apprécié ce roman et son personnage principal, Cesare, le bougon au coeur tendre. J'ai une petite réserve sur le style et sur certaines longueurs qui nuisent parfois à l'efficacité de la narration.

 

Lu en numérique via Netgalley