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   Dans son livre Sans Brunetti qui regroupe des textes écrits entre 1972 et 2006, Donna Leon évoque à de nombreuses reprises sa passion pour l'opéra. Elle fait partie des amateurs passionnés qui n'hésitent pas à se déplacer à l'étranger pour entendre une de ses cantatrices préférées. Brunetti en trois actes nous fait partager son amour pour cet univers et pour un lieu exceptionnel, la Fenice à Venise. Certes, elle égratigne au passage la programmation actuelle de cet endroit prestigieux mais la magie demeure.

   Pour ce nouvel opus, le commissaire retrouve la diva Flavia Petrelli, un des personnages du premier roman de la série: Mort à la Fenice. La cantatrice, qui interprète la Tosca dans l'opéra éponyme, est inquiète. Elle est habituée depuis longtemps à être l'objet d'une admiration débordante de la part de ses fans et s'y prête volontiers. Mais les derniers mois ont vu apparaître une forme d'hommage qui l'angoisse. Des roses jaunes tombent des balcons, jonchent le sol de sa loge, s'amassent à la porte de son appartement. Elle les jette et reçoit un mot anonyme lui reprochant son attitude. Flavia Petrelli confie son désarroi au commissaire Brunetti qui, s'il juge ce comportement déplacé, estime qu'il n'est pas illégal. Ce n'est qu'au moment où cet admirateur trop empressé en vient à s'attaquer aux personnes appréciées par la chanteuse qu'il peut ouvrir une enquête. 

   Ce roman nous plonge au coeur de la Fenice, nous permet de vivre la Tosca depuis les coulisses et de mieux comprendre le quotidien au combien exigeant des chanteurs d'opéra. Donna Leon ne déroge pas non plus à la règle tacite qui s'est peu à peu établie avec ses lecteurs. Elle nous offre les traditionnels repas en famille chez les Brunetti, occasion de découvrir des spécialités de la Sérenissime. Elle nous amène aussi à la questure où Electra, la "secrétaire" a entamé une grève illimitée pour contrer une décision de l'odieux Scarpia, le renvoi d'Alvise, policier aussi dévoué que limité.

   J'ai trouvé les premières pages laborieuses, la description des dernières scènes de l'opéra sont assez peu évocatrices de la tension dramatique qu'elles contiennent.Je me suis même interrogée sur la traduction, tant la construction de certaines phrases est confuse ou maladroite. Par la suite, je me suis laissée emporter par la petite musique des "Brunetti", un air familier que l'on a toujours plaisir à écouter, même s'il tourne parfois à la rengaine.

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