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   Lorsque Babélio m'a proposé ce roman en partenariat avec les éditions Phébus, j'ai hésité. Le thème du double ( de la gémellité) ne me fascine pas. En revanche, le personnage principal,Sergi Vélasquez, artiste peintre, coincé à 32 ans dans une adolescence prolongée, avait tout pour me plaire. J'ai apprécié ce trentenaire bordélique, capable de tenir des propos très subtils sur l'art et d'enchaîner par une phrase d'une puérilité confondante.

J'ai adoré la petite famille de sa soeur. Julia est psychanalyste et reçoit ses patients chez elle, dans l'appartement en face de celui de Sergi.Son mari, l'attendrissant Paul Calmant, deux mètres de force débonnaire est homme au foyer et cinéphile passionné. Entre deux films, il gère l'intendance de la maisonnée, les caprices de leurs deux filles, Anouck et Valentine, l'une qui pousse de grosses colères façon "Pépé" dans Astérix en Hispanie, l'autre qui a le" seum" quasi en permanence. 

Un jour, Sergi croise dans l'ascenseur une jeune femme rousse absolument splendide. Elle s'arrête sur son palier, elle a visiblement rendez-vous avec Julia. La règle tacite prévalant dans la famille est que le peintre, qui multiplie les conquêtes, ne sorte pas avec les clientes de sa soeur. Il va enfreindre la règle et entrer dans la vie de Rébecca.

En parallèle, nous découvrons Roxane et devinons très vite qu'il s'agit de la jumelle de Rébecca. Victime d'un grave accident de voiture, tout un côté de son visage a été dévoré par le feu. La jeune femme, après un temps de sidération, reprend son travail de photographe et en vient, par le biais de l'image à accepter ce qu'elle est et surtout ce qu'elle n'est plus. Ce personnage, sensible, proche de la nature jusqu'à plonger dans une cascade glacée pour que l'eau l'enveloppe et la pénètre, renaît à la vie et nous amène à une réflexion sur l'apparence.

Le livre avance au rythme de la folie de Rébecca, mêlant thriller psychologique et roman sur la place de l'art dans notre société . L'équilibre entre ces deux univers est parfois un peu bancal. Disons plutôt que ma préférence va nettement aux passages sur la peinture et la photographie plutôt qu'aux scènes d'hystérie de la rousse flamboyante.

Au final, un roman lu avec plaisir, avec quelques chapitres savourés pour leur qualité d'écriture.