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La lecture de cette bande dessinée m'a laissée dubitative. Je ne suis pas une spécialiste de la littérature jeunesse, ni le coeur de cible de cet album ( Ma préadolescence est un très lointain souvenir). Je vais débuter par ce qui m'a séduite :  les couleurs et le graphisme. La couverture donne le ton : Nina, l'héroïne, est allongée sur son lit, l'ordinateur à portée de main. Sa couette et ses oreillers définissent un univers pepsy et enfantin, de même que ses vêtements. Cet univers va être présent tout au long de l'histoire. Nina entre en CM2 dans un petit village, elle va nouer peu à peu des relations avec les autres élèves et découvrir son nouvel environnement. Les couleurs souvent toniques, parfois tendres, sont celles qui sont en vogue actuellement. Elles contribuent à l'aspect contemporain de cette bande dessinée.
Le graphisme, réaliste pour les descriptions, plus archétypal pour les personnages, est plaisant. Il privilégie, lui aussi, la volonté d'ancrer le récit à notre époque.

L'histoire en elle-même est assez classique. Nina, une jeune Parisienne, a déménagé à la campagne et se languit de ses amis. C'est la fin du mois d'août, elle appréhende la rentrée et décide de créer un blog pour décrire ses états d'âme et garder le contact avec sa bande de copains, restée dans la capitale. Elle ne confie pas son mal-être à ses parents, sa mère, infographiste, est toujours le nez collé sur sa tablette et son père, programmateur, ne sort que très rarement de son bureau. Enfant de geeks, Nina reproduit le modèle et, apparemment sans en avertir sa famille, ouvre cet espace de discussion sur Internet alors qu'elle n'a que 10 ans. Certes, il n'y a aucun dérapage. Nina réussit grâce à ce blog à mieux connaître ses camarades de classe, à les réconcilier avec Quentin, un "ancien" de l'école primaire que son passage en Sixième a éloigné d'eux, à se détacher en douceur de sa vie d'avant pour mieux accepter les charmes de la campagne.
Je trouve cette présentation d'un blog un peu idyllique. A aucun moment, il n'y a une réflexion sur le fait qu'elle s'épanche sur un "domaine public", ni sur l'omniprésence des écrans dans cette famille. Je pense que cette omniprésence est une réalité de notre époque, mais j'aurais aimé qu'elle soit présentée de manière un peu plus critique.

Les péripéties sont assez prévisibles, les clichés campagne/ville nombreux, mais la lecture est agréable. Certaines planches ont beaucoup de charme et ont éveillé chez l'adulte que je suis la nostalgie de cette année de CM2, où se mêlent dans la tête des enfants le désir de profiter encore de leur statut de "petits" et l'envie de devenir des " grands".


                                                                           Une lecture en demi-teintes

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