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Le duo mère-fille de la couverture est particulièrement réussi. Il montre à la fois la ressemblance et la filiation, mais aussi le fait que nous ayons côte à côte une femme et une petite fille. Le bas de pantalon à frou- frou et les pieds en dedans de l'enfant sont attendrissants. Après avoir lu le roman, j'aurais bien transformé ce duo en trio, y incluant la tante de la jeune femme. Après, la position adoptée aurait mis à mal sa pudeur, car tante Kath ne porte que des jupons customisés par ses soins.

Dans un premier temps, Louise Pentland met en place l'univers très codifié de la comédie romantique et j'ai eu peur que cette histoire ne soient qu'une suite de scènes-types, voire de clichés. Robin Wilde, 27 ans, vit à Cambridge et élève seule sa fille de six ans, Lyla Blue. Elle est séparée de son conjoint depuis plus de quatre ans et tente, plutôt mal que bien, de mettre chaque jour un pied devant l'autre. Assistante maquilleuse à mi-temps, un héritage inespéré lui a permis de scolariser Lyla dans une école privée très huppée, où Robin se sent en décalage complet avec les MPP (Mamans Prout-Prout) qui transpirent la richesse par tous les pores. Sa meilleure amie depuis l'enfance, Lacey, appartient aussi à cette "caste" et notre héroïne est forcément le vilain petit canard au milieu de cygnes. Vilain petit canard ... jusqu'au jour où Théo Salazan, un golden boy, croise son chemin.

L'intelligence de l'auteur va être d'embarquer le lecteur (plus vraisemblablement la lectrice) dans une narration ultra-prévisible et petit à petit d'instiller des coups de canif dans le schéma traditionnel de la romance. Robin, programmée pour rencontrer le Prince Charmant, et rejoindre la caste des MPP, va découvrir à ses dépens que le bonheur n'est peut-être pas dans cette "famille" idéale. Sans être "révolutionnaire", ce roman interroge la notion de famille. Nous ne sommes plus sur le schéma : un papa/une maman/des enfants, mais plutôt sur une "tribu" qui apporte à l'enfant tout l'amour et le soutien dont il a besoin.

Si Robin Wilde emprunte beaucoup à Bridget Jones, Louise Pentland sait pourtant lui conférer une identité, une profondeur que je n'attendais pas vraiment. Elle aborden, avec beaucoup de justesse, le thème de la dépression qui sape toute l'énergie et la confiance de son personnage. Le mot dépression n'apparaît que très peu. Robin parle beaucoup en revanche de ce "Néant" qui menace sans arrêt de l'engloutir. L'histoire n'est pas "plombée" par ce sujet. Il s'agit vraiment d'une comédie et j'ai gloussé souvent, en particulier des démêlées de Robin avec les mamans parfaites de l'école de sa fille.

Au final, j'ai passé un agréable moment de lecture avec un roman plus "roué" qu'il n'en a l'air.