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   Etonnant petit livre, exercice de style épuré, une sorte de roman/haïku... Bilodo, jeune facteur québecois mène une existence bien terne. Elle se résume essentiellement à sa tournée, à la distribution de courriers entre autres dans la rue des Hêtres. Il mange le midi au Madelinot, un restaurant proche du Centre de tri postal et après le dessert, pratique la calligraphie sous le regard énamouré de la serveuse Tania.

   Mais derrière cette apparence lisse, il cache un secret. Il ouvre discrètement les lettres qu'il devine personnelles et suit ainsi, à l'insu des destinaires, la vie de parfaits inconnus.Ceux-ci lui deviennent peu à peu familiers, comme les héros d'un feuilleton qu'il suivrait à la télévision. Cette habitude montre sa grande solitude. Et puis un jour, il tombe sur une lettre sortant de l'ordinaire, Ségolène, une jeune institutrice guadeloupéenne, écrit à un certain Grandpré, rue des Hêtres. Sur le papier qu'il sort avec beaucoup de précaution, se trouvent juste quelques mots, un haïku.

  Bilobo va tomber amoureux de la jeune femme mais aussi de la poésie. Il va s'initier à l'art de la poésie japonaise, apprendre à saisir sur le vif des instants de vie où se mêlent l'éternel et l'éphémère. A un moment, va surgir l'opportunité d'intervenir dans cette correspondance entre Ségolène et Grandpré. Le jeune facteur s'en empare, délaissant la raison pour l'émotion.

Je n'en dirai pas plus sur ce roman à la construction subtile, il faut le découvrir, le savourer lentement pour faire durer le plaisir de la lecture.

 

 

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