Source: Externe

Ce texte est ma participation à l'atelier de Leiloona. Il s'inspire d'une photo de ... Leiloona (la femme aux nombreux talents !)

 

   Au pied de chaque arc-en-ciel se cache un trésor. Moi, j'ai trouvé le mien en me promenant dans les rues de ma ville natale. Je n'y avais pas mis les pieds depuis des dizaines d'années et mes pieds, justement, me faisaient avancer à reculons, sur les routes du temps retrouvé.

  Le nez en l'air, à admirer un arc-en-ciel, lumière jaillie du noir, j'ai buté contre une grosse boîte cartonnée. Je l'ai immédiatement reconnue, c'était celle où ma grand-mère rangeait toutes ses photos. Je l'ai ouverte et des clichés sépias se sont envolés, papillons du passé.

 Une terrasse, un après-midi de juin. Deux enfants jouent avec une dinette en plastique. Sous leur bob, leurs fronts sont emperlés de sueur. Ils dégustent des cerises et boivent de l'eau. Les assiettes et les gobelets sont minuscules mais ils s'imaginent prendre le thé  au Grand Hôtel de la Plage, se régaler de délicats macarons et savourer, le petit doigt levé, un Lapsang Souchong.Une terrasse, un après-midi de juin.

   Une plage, un matin début juillet. Sur la bande de sable mouillé le long de la mer, une petite fille contemple les traces laissées par les pattes de bécasseaux, si fines, si légères, si jolies. Elle interpelle le petit garçon qui est à la traîne. Il est chargé de leurs deux épuisettes. Fuyez, crevettes, le danger s'approche. Elle lui montre le sentier balisé par les oiseaux. Ils s'amusent à suivre le chemin des bécasseaux. Une plage, un matin début juillet.

 Une cour d'école, un soir d'août. Une petite fille est installée sur le porte-bagage d'un vélo. Elle serre fort la taille d'un petit garçon. Le vélo tourne et vire, frôlant les murs des bâtiments sans jamais les toucher. Le pilote est adroit et la demoiselle facile à épater. Le vélo tourne et vire et les petits coeurs chavirent. Une cour d'école, un soir d'août.

   Au pied d'un arc-en-ciel, j'ai trouvé un trésor...