Un petit conseil pour débuter ce commentaire : ne lisez pas en premier l'excellente analyse de John Carey qui fait office de préface à ce roman ! J'ai eu le sentiment pendant toute ma lecture de suivre ses pas, d'épouser son point de vue, comme s'il était là, penché par dessus mon épaule ,à me souffler à l'oreille ce que je devais penser du comportement de l'héroïne Rachel Waring.
L'histoire écrite par Stephen Benatar est singulière à plus d'un titre. Cet écrivain se glisse dans l'esprit d'une femme de quarante-sept ans dont l'existence est bien terne et qui ne trouve le réconfort que dans son imagination débridée, pétrie de comédies romantiques, de chansons populaires, de légendes qui parlent de beaux princes et d'amours impossibles. Nous sommes dans l'esprit de Rachel, voyons le monde à travers le prisme déformant de son optimisme presque désespéré et c'est bluffant et perturbant. Au début du roman, Rachel Waring hérite d'une maison à Bristol et décide de quitter son emploi et sa colocation à Londres. A elle, une nouvelle vie dans cette demeure où a vécu Horatio Gavin , un jeune philanthrope... Les espoirs les plus fous naissent alors dans cette âme que l'existence n'a que peu favorisé. L'auteur nous décrit son quotidien et petite touche par petite touche, nous montre sa plongée terrible et touchante dans le monde de l'imaginaire...
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