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Le challenge initié par Syl du blog Thé, lectures et macarons me permet de renouer avec Anne Perry, auteur de romans policiers qui se déroulent en Angleterre à l'époque victorienne. Il suffit de fréquenter un peu les vide-greniers pour mesurer l'engouement suscité par cet auteur. Le "Anne Perryophile" se repère à son petit carnet où il a noté tous les livres qu'il a réussis à dénicher et ceux qu'il veut résolument trouver. Quand il voit sur la tranche d'un roman exposé  le logo 10/18 grands détectives, il frémit d'excitation... Sa déconvenue est grande aussi quand le vendeur lui répond que les livres de cette auteure, il les garde précieusement !

Je fais partie de de ces vendeurs qui ne veulent pas céder leurs "Anne Perry " mais les miens prenaient la poussière dans le grenier. Le premier que j'époussète et que je relis, c'est celui-ci. Je l'ai choisi dans la série Charlotte et Pitt, ma préférée, et aussi car l'intrigue se déroule dans le milieu du théâtre. Le commissaire Thomas Pitt doit enquêter sur un meurtre à la mise en scène macabre : un homme est retrouvé dans une barque sur la Tamise, revêtu d'une robe  et dans une position qui rappelle le tableau de Millais où Ophélie dérive au fil de l'eau. Flanqué de son fidèle lieutenant Tellmann, il va devoir chercher la solution du mystère par une fréquention assidue du monde du théâtre et de la photographie. Ce roman est l'occasion pour Anne Perry de nous permettre de croiser Oscar Wilde et d'évoquer la problématique de la censure : L'art peut-il, doit-il tout dire et en particulier dans Half moon Street, participer à l'émancipation des femmes ?

Une jolie (re)découverte !

Le petit plus (le tableau de Millais et le merveilleux poème d'Arthur Rimbaud)

 

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Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.