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Les jours "sans" ont pour moi un seul dénominateur commun : la lecture comme refuge. Et Frédéric Lenormand représente pour moi le summum de l'auteur réconfortant. "Les Nouvelles enquêtes du juge Ti" et la série des "Voltaire mène l'enquête" ont égayé nombre de mes journées. Arsène Lupin est venu lui aussi à la rescousse de mon moral défaillant. Pendant quelques heures, j'ai oublié ce mois d'octobre où souffle en Bretagne un vent ressemblant au sirocco.
1908 à Paris, Arsène Lupin entreprend de guérir de sa fâcheuse tendance à la cambriole. Il s'est attaché les services d'Amédée Kloucke, psychanalyste de son état, dont le diagnostic a été sans appel. Son patient est "prisonnier d'une névrose cambrioleuse cyclothymique". le médecin préconise une thérapie qui n'a rien d'audacieux, mais qui va se révéler très contraignante pour Arsène Lupin : l'abstinence. Entendez par là une pause dans les vols. Pour éviter de sombrer dans la dépression et surtout pour passer le temps, Arsène Lupin se glisse alors dans la peau de Jim Barnett, seul et unique employé de l'agence Barnett et Cie. Théodore Béchoux, inspecteur de police, personnage sympathique malgré ( ou à cause) de sa médiocrité amène sur un plateau une affaire à notre faux détective : la magnifique perle noire de Madame Bovaroff a été dérobée et Georges Clémenceau, ministre de l'Intérieur met la pression sur ses troupes pour retrouver le bijou et redorer l'image de la police. Théodore Béchoux soupçonne Arsène Lupin d'avoir commis ce vol. Jim Barnett est bien placé pour savoir qu'il n'en est rien. 
Nous sommes au début d'une enquête rocambolesque, où l'énigme de la perle sera rapidement résolue pour laisser place à une autre affaire : la disparition chez Madame Bovaroff d'un autoportrait de Delacroix. Nous allons assister à la multiplication non pas de petits pains, mais de copies de ce tableau ainsi que de meurtres perpétrés à l'aide d'un pistolet de dame (facile à glisser dans un sac à main entre le poudrier et le rouge à lèvres). L'enquête va mener notre héros jusqu'au Bateau-Lavoir, lieu que tous les amateurs d'art connaissent. Il abritait à cette époque des peintres sans le sou, dont un certain Pablo Picasso, pas totalement étranger à notre affaire de copies de tableaux. Arsène Lupin fréquentera aussi un cabaret " le Chat qui miaule" et aura le plaisir d'assister à une danse "exotique" de Mata-Hari. 
Comme à son habitude, Frédéric Lenormand nous livre une fantaisie érudite, une histoire qui agit comme un baume pour le coeur et l'esprit. Je ne peux que vous inciter à vous glisser dans les pas du gentleman cambrioleur.



Lu en numérique via Netgalley