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  La définition de "pochade" pourrait convenir à ce roman par certains aspects. Il s'agit bien d'une oeuvre qu'on imagine assez rapidement écrite, indéniablement burlesque mais je ne souscrirai pas au dernier élément qui implique un côté juste esquissé, pas très bien fini. J'ai adoré ce livre du titre qui annonce le programme : "amis lecteurs, vous allez bien rire !" à l'histoire plus profonde qu'il n'y paraît.

   Tout démarre pour Arthur Berthier à Cannes où son journal, un canard de gauche, lui a demandé de couvrir le Midem. Spécialiste Culture musicale, à presque quarante ans, il se la joue encore rockeur rebelle ( loser total dirait sa fille, ado casse-pied) façon Philippe Manoeuvre. Il ne quitte que rarement ses Ray-Ban, qui d'après lui, clament haut et fort : je suis un oiseau de nuit, un musicos pur jus.Sur place, Il est invité à une soirée norvégienne, avale une pilule donnée par une des DJ vedette et sous l'effet du médicament, la suite lui échappe un peu... Je vous laisse découvrir les péripéties rocambolesques qui amène le minibar de sa chambre à atterrir sur le capot d'une C6.

   A la suite de cette nouvelle frasque, notre journaliste est sanctionné par sa direction, il est reversé au service info génés en attendant que son cas soit examiné. Le couche-tard doit devenir un lève-tôt et ce décalage horaire perturbe le bonhomme. Il se voit confié, à titre de punition, un article sur des sans-papiers afghans qui ont installé un campement de tentes Quechua square Clignancourt. Il se rend sur place, accompagné de son photographe et ami, Hassan, personnage très haut en couleur et manque de chance ou coup de bol phénoménal, ils arrivent au moment où les CRS chargent pour faire" place nette". Une carte de presse brandie, un coup de matraque sur le pif et Arthur se voit embarqué dans une suite d'aventures : il devient l'emblème de la liberté de presse qu'on assassine, un père devenu héros que sa fille voit d'un autre oeil, l'hébergeur momentané de Daoud, un des sans-papiers du square et un futur écrivain en herbe. Cela fait beaucoup à gérer pour notre homme qui s'est quelque peu attardé du côté de l'adolescence !

   Le style est vif et drôle, les personnages très bien croqués, l'histoire rocambolesque ne verse jamais totalement dans l'invraisemblable et Marc Salbert, au passage, se permet quelques réflexions mordantes sur les dérives de l'information et sur le sort réservé aux migrants. 

Lecture fortement conseillée pour faire travailler les zygomatiques !

Interview de l'auteur ici

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