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   Une adaptation pour la télévision des deux tomes mettant en scène l'inspecteur McLean se ferait sans problème tant le récit est déjà "cinématographique", dans la lignée des enquêtes de Vera Stanhope (excellente série britannique).

Le livre des âmes est le deuxième tome mais il peut se lire indépendamment du premier. Il nous embarque pour l'Ecosse, à Edimbourg, quelques jours avant Noël. Pluies glacées, brouillard, la météo est aussi sombre que l'humeur de Tony McLean. Il vient d'apprendre la mort en prison du Tueur de Noël. Cet homme a été condamné douze ans plus tôt pour le meurtre de dix femmes, une par an, selon un mode opératoire aussi rituel que cruel. La dernière victime d'Anderson a été la fiancée de l'inspecteur et même s'il a contribué à l'arrestation de ce dernier, la perte de la femme aimée reste pour lui une blessure ouverte et la période des fêtes un moment douloureux à passer.

   Nous le retrouvons bien occupé par une série d'incendies criminels qui visent d'anciennes manufactures sur le point d'être réhabilitées, ainsi que par une collaboration avec les Stups pour démanteler une filière. James Oswald a su créer autour de l'inspecteur une équipe sympathique, du vieux de la vieille aux frais émoulus de l'école. McLean se prend régulièrement le bec avec l'inspecteur-chef Duguid (alias Dugland) et les deux "coqs " se font rappeler à l'ordre plus souvent qu'il ne faudrait par leur supérieure hiérarchique Jayne McIntyre. 

   Anderson est bien mort et enterré, McLean a assisté à son enterrement dans l'objectif de tourner la page. Mais un copycat semble avoir pris le relais, des jeunes femmes disparaissent et sont retrouvées, mortes, nues, dans des cours d'eau. Le cauchemar recommence et l'inspecteur revit des moments qu'il aurait voulu enfouir à jamais dans sa mémoire. Il se voit dans l'obligation de suivre des séances avec un psy pour gérer cette situation traumatisante et râle car elles le ralentissent dans sa course contre la montre avec un tueur qui multiplie les enlèvements.

   Au centre de l'histoire, un livre des âmes, dicté selon la légende par le Malin. Anderson lui a attribué la responsabilité de ses agissements. Son émule semble lui aussi sous la coupe de ce manuscrit que l'on ne lit pas mais qui déchiffre les âmes et manipule celles qui ne sont pas pures. Un soupçon de fantastique dans un récit par ailleurs assez réaliste.

   Ce roman policier est un bon page-turner, qui vaut surtout par les personnages et l'ambiance d'Edimbourg l'hiver.

Merci aux éditions Bragelonne et à Lilas Seewald pour cette découverte

 

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