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  Les amoureux de l'Italie  auront reconnu sur la très belle couverture les monuments emblématiques de Florence. Le palazzo et le Ponte Vecchio, la cathédrale Santa Maria Del Fiore nous invitent déjà au voyage. La petite Coccinelle appartient au commissaire Bordelli, 53 ans, qui tente de survivre aux températures écrasantes de cette fin juillet 1963. Il n'a pas déserté la ville comme beaucoup et lutte à la fois contre la chaleur, les moustiques et les souvenirs encore très présents de la Seconde Guerre Mondiale. Le seul avantage de cette situation est que même les criminels fonctionnent au ralenti.Sa principale tâche est d'arroser les plantes de Rosa, une prostituée devenue son amie, pendant que celle-ci séjourne sur la côte. Accessoirement, il rend aussi visite à son cousin Rodrigo, un professeur de Chimie psycho-rigide qui occupe ses vacances à corriger inlassablement des copies.

   C'est compter sans un coup de fil de Mugnai, un de ses subordonnés, au coeur d'une énième nuit à chercher le sommeil. La dame de compagnie d'une vieille femme s'inquiète parce que celle-ci ne répond pas au téléphone. Elle paraît persuadée que sa patronne a été assassinée par des neveux trop pressés de toucher son héritage. Bordelli se rend sur place et découvre une demeure ancienne, qui a connu des jours meilleurs et la maîtresse des lieux, apparemment morte d'une violente crise d'asthme. Rien ne paraît suspect dans ce décès et pourtant, quelque chose tracasse le commissaire...

   Si vous cherchez de l'action, des explosions, du suspense à couper le souffle, ce roman n'est pas pour vous. Si au contraire, vous aimez les polars avec ambiance, personnages atypiques et repas pantagruéliques, Marco Vichi est une excellent pioche. Moi, j'ai plongé, suivant avec bonheur cet homme qui ne juge pas sur les apparences. Il a pour amis des voleurs au grand  coeur et un médecin légiste mélancolique. Cette enquête va lui permettre d'ajouter à ce cercle restreint Dante, le frère de la victime, un savant pour le moins original. Dans son laboratoire de fortune, celui-ci invente des produits improbables : la tasse à café supposée s'adapter à toutes les bouches (Bordelli ne parvient qu'à renverser du café sur ses chaussures !) ou un détergent à base de basilic pour laver les assiettes sans les frotter. Le commissaire va aussi abriter sous son aile le jeune Piras,un Sarde, fils de son compagnon d'arme pendant la guerre.

   Après cette première lecture, je m'inscris tout de suite sur "Adopte un commissaire" et m'en vais rechercher d'autres romans avec ce quinquagénaire profondément humain.

 Florence en parle encore mieux que moi , c'est ici.