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   Je suis une inconditionnelle d'Alexander McCall Smith. Quand il écrit sur une couverture : "Charmant et extrêmement drôle", je me précipite pour acheter le roman et je m'empresse de rédiger un article dans la veine de son commentaire enthousiaste.

   Déjà je souligne la bonne idée des éditions Charleston qui ont remis au goût du jour cette "comédie" anglaise écrite en 1934. L'histoire se déroule dans l'entre-deux guerres. Les morts de 14-18 sont encore dans les mémoires et parviennent de nouveau d'Allemagne quelques signaux alarmants. Mais il y a une joie de vivre, de profiter de la vie que l'on retrouve souvent après la fin d'un conflit majeur. Nous sommes au coeur de la campagne anglaise dans une magnifique demeure qui appartient aux Leslie, membres de la gentry. Mary Preston, une jeune fille désargentée est invitée par sa tante Agnès à passer l'été à Rushwater House. Elle va faire la connaissance de la famille et des excentricités de chacun , découvrir l'adorable tyrannie que lady Emily exerce sur son entourage, la propension à bougonner de Lord Henri, la bêtise abyssale de leur fille Agnès qui n'a d'égale que sa beauté et la fougue du dernier-né, David, qui songe à adapter au cinéma un premier roman qu'il n'a pas encore trouver le courage d'écrire. Angela Thirkell dépeint aussi tous les personnages qui gravitent autour des Leslie, autant de petits portraits souvent très plaisants.

   Les domestiques font preuve d'une patience d'ange (mais ont-ils le choix ?) envers leurs "maîtres". Lady Emily et sa fille Agnès semblent incapables de faire le moindre geste sans l'aide d'une femme de chambre ou d'une Nanny. Une séance chez le coiffeur est vécue comme une épreuve épuisante alors imaginer l'effort herculéen que va nécessiter la fête organisée pour l'aîné de leurs petits-fils ? Cette journée, un tournoi de cricket se poursuivant par un bal, doit être le clou de l'été. C'est sans compter la famille française, installée dans le presbytère pour le mois d'août. Ces farouches royalistes ont prévu un coup d'éclat...

Mary, aussi adorable qu'un chaton sur Internet, va connaître les émois de son âge. Quid de David, le charmeur ou de John, son aîné, un veuf inconsolé, ravira le coeur de la jeune femme ?

Ce roman est une plongée dans un temps révolu, dans des coutumes aujourd'hui disparues. L'auteure décrit la petite noblesse anglaise, la caricature même pour susciter le rire, mais sans aucune acidité.

Cette histoire est une agréable "fantaisie", une parenthèse" enchantée au doux parfum de fraises sauvages.