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Depuis deux ans et un changement d'activité, le temps est devenu pour moi une denrée rare. Je ne me laisse plus griser par la corne d'abondance des SP et les demande avec parcimonie. Pour les #mlr2018, je pensais avoir réduit au strict minimum le risque de recevoir un livre que je ne saurais pas apprécier. Je ne chronique plus beaucoup, et je souhaite que ces quelques articles fassent partager à d'autres lecteurs mon enthousiasme pour un livre. Cette introduction un peu longue annonce une suite prévisible, je n'ai pas aimé " Concours pour le Paradis". Il m'est même arrivé le pire pour une lectrice : l'ennui.

Etonnée par ma lecture plus que laborieuse de ce roman, j'ai jeté un petit coup d'oeil sur Babélio et les avis sont presque unanimement élogieux. Qu'écrire alors si ce n'est mon simple ressenti. Je suis passionnée par l'art pictural et ai eu la chance de visiter le Palais de Doges à Venise. Je ne peux donc pas arguer que les descriptions du processus créatif, des querelles de peintres, du fonctionnement des ateliers ou les nombreuse références à Venise m'aient noyée sous les termes techniques. Je n'ai pas souffert d'acqua alta "linguistique". 

Le structure du livre est intéressante, elle épouse les différentes étapes de la création de l'immense fresque  " Le Paradis" qui trône dans la salle du Grand Conseil au Palais des Doges. Du concours organisé entre les peintres où tous les coups sont permis ( mention spéciale à Véronèse), des aléas politiques et techniques, tout est scrupuleusement retranscrit. On dirait presque de Clélia Renucci craint qu'un éminent spécialiste du Tintoret (celui qui signa la toile sans pour autant l'avoir exécutée) ne pointe du doigt une erreur ou un manquement au déroulement des faits.

Au fil de ma lecture, j'ai vainement cherché le souffle romanesque, ce petit quelque chose qui nous emporte et nous fait battre le coeur au même rythme que celui des personnages. Combien de fois me suis-je surprise à éprouver de l'amitié, de  la tendresse, voire de l'amour pour un personnage d'encre et de papier ? Dans " Concours pour le Paradis", je n'ai jamais ressenti ce sentiment. Les personnages fort nombreux, dont certains peintres célèbres, m'ont laissée de marbre. Je les voyais comme des chromos du XIXème siècle, bien loin de la Venise renaissante que Clélia Renucci cherche à nous dépeindre.

Je ne peux que saluer l'immense travail documentaire de l'auteure et lui souhaiter de nombreux lecteurs heureux. Il faut toujours qu'il y ait une exception à la règle.