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    Lecture en demi-teintes, je n'ai pas réussi à adhérer à l'histoire et aux personnages sortis de l'imagination de Paul Vacca. Il nous ramène en 1968, dans une cité pavillionnaire de Montigny. La famille Leclerc vient de s'y installer et Tom, enfant unique, entre en Sixième. En apparence, tout semble banal, ordinaire : un père très occupé par son travail, une femme au foyer et un fils qui grandit. 

   Le grain de sable, c'est que Tom est autiste et que Pauline, sa mère, lui assure un quotidien réglé au millimètre pour que le monde lui soit supportable. Elle a consulté de nombreux spécialistes, mais son enfant reste une énigme, le visage toujours impassible, incapable de montrer, peut-être d'éprouver des émotions.

    L'histoire est racontée par Tom, il n'a pas les clés pour comprendre ses parents ou ses camarades de classe, le fonctionnement de la vie en société lui est étranger et il se trouve toujours "à la marge". L'auteur nous raconte son combat pour franchir ce mur invisible qui le sépare des autres. Passionné de comics books, il s'imagine être un super-héros et vêtu de son tee-shirt fétiche, en couverture du livre, rêve d'accomplir des exploits et de sauver la veuve et l'orphelin. Seulement Montigny n'est pas Gotham city et ses missions n'ont pas toujours ni le panache ni le résultat escompté.

   Il tente bien de se faire des amis et comme l'amitié pour lui reste un concept, il se procure un livre : "Comment se faire des amis" de Dale Carnegie. Il suit à la lettre chacun des conseils donnés mais comprend rapidement que ceux-ci, très théoriques, fonctionnent mal dans la vraie vie.

   Les jours passent, le lecteur découvre davantage Pauline et Serge, les parents de "Tom l'éclair". Ils ont leurs failles, leurs faiblesses et leur fils découvre que leur mariage n'est peut-être pas aussi solide qu'ils voudraient le lui faire croire. Tom commence à nouer des liens avec Palma, une fille, qui a choisi d'elle-même, de se mettre à l'écart des autres, avec un petit nouveau, dont les parents sont adventistes et à la suite d'un malentendu, devient copain avec un des meneurs "rigolos" de la classe.

   Je ne sais pas exactement à quel moment j'ai décroché de l'intrigue, à quel instant je n'ai plus cru à cette histoire. Les événements s'enchaînent de manière un peu téléphonée, les situations frisent parfois la caricature et la fin (sans vous la dévoiler) m'est apparue comme un "cliché" géant.

   Dans le cadre de mon métier, j'ai accueilli dans ma classe des enfants autistes. Je sais à quel point il est difficile d'établir une communication avec eux.Je sais aussi que quand on trouve le chemin pour aller jusqu'à eux, on n'est pas à l'abri d'une "sortie de route" qui brise le lien ténu établi. C'est un sujet qui me tient à coeur, j'attendais peut-être trop de ce roman. J'espère cependant qu'il trouvera des lecteurs plus réceptifs que moi.

Petit extrait

" Tom sent bien qu'il lui faut une clé pour passer de l'autre côté du mur. Dans la cour de récréation, il voit des enfants qui interagissent, qui ne restent pas seuls. Ils parlent ensemble, partagent des activités, bref, ils ont des amis.

C'est ça, la clef : il lui faut se faire un ami. "

 

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