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"Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut."

   Le début de "Fils du feu" m'a fait immédiatement pensé à la Genèse. Le narrateur, encore enfant, décrit la forge où son père travaille avec son ouvrier Jacky. Ces deux hommes, deux Hercule aux yeux du garçonnet, transforment la matière, créent des objets que leur naissance  dans un tourbillon de flammes et d'escarbilles anoblit. Les mots de Guy Foley sont  autant de flammèches échappées de ce creuset initial, de cette scène fondatrice. Ils décrivent le monde de la forge mais aussi l'univers du narrateur, un quartier populaire d'une petite ville de province. Les mots de Guy Foley ne sont pas ceux d'Emile Zola. Derrière le réalisme affleure toujours un souffle puissant, l'intime conviction que ce quotidien des années 50 ou 60 n'est qu'un voile qui dissimule des forces immémoriales. 

   La famille de Jérome vit modestement, dans une maison proche de la gare. La suie fascine l'enfant, cette neige étrange qui en retombant devient noire. Dans le quartier, ses parents ne sont pas les plus riches mais régalent leurs voisins avec leur duo de chanteurs d'opérette. Le narrateur grandit au fil des pages et les membres de sa famille sont autant de figures emblématiques : le Père, Vulcain moderne, la Mère, que la mort de Norbert, le petit dernier transforme en Mater Dolorosa, le Frère disparu, l'absent qui a emporté dans la tombe l'idée même du bonheur. On devine les forces qui oeuvrent en coulisse, depuis la nuit des temps, la Vie et la Mort dans leur éternel combat.

   Les mots de Guy Foley sont des émaux, nés dans le feu de l'écriture. Précieux, brillants, triviaux, violents, tendre ou cruels, des mots de ce roman jaillissent la lumière.

Un livre coup de coeur

 

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Lu en numérique via Netgalley